Nous avons aussi nos odieux

 

INTOLÉRABLE !

 

Editorial du Président | 30 novembre 2012

 

Parce que le magistrat se nomme Lévy et que le père de la prévenue se prénomme Moïse, un avocat a osé solliciter la récusation du magistrat.

Voilà un cas inouï d’antisémitisme qui ne peut susciter que le plus profond dégoût.

Le juge, en effet, n’est pas mis en cause pour des actes qu’il aurait accomplis, faisant douter de son impartialité. Il est récusé pour ce qu’il est : un juif censé être nécessairement de connivence avec un autre juif.

C’est une ignominie qui s’inscrit dans la ligne des pires dérives haineuses de notre histoire.

On se rappelle les propos de Maurice Barrès au moment de l’affaire Dreyfus : « Que Dreyfus ait été capable de trahir, je le conclus de sa race ! ».

C’est le même mépris qui ressurgit aujourd’hui et qui nous rappelle affreusement que « le ventre est encore fécond d’où a surgi la chose immonde ».

Déjà ce magistrat avait été la cible, il y a plusieurs années, d’un journal d’extrême-droite, sans aucune autre raison que son origine juive. J’avais eu l’honneur de faire condamner ce journal avec mon ami et confrère Michel Zaoui.

Voilà qu’on nous jette au visage le même poison de la haine aveugle et injustifiable. « Criminel d’être né » comme l’écrivait André Frossard, venu témoigner à Lyon au procès de Klaus Barbie.

Que M. Albert Lévy sache la solidarité des avocats de France et leur réprobation unanime à l’égard de l’injure qui lui est faite à nouveau.

Les antisémites et les racistes ne triompheront jamais de notre fraternité républicaine.

  Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel
Président du Conseil national des barreaux
 

 

 

Gazouiller peut être dangereux…

Deux magistrats en pleine audience de la Cour d’Assises dans un autre pays, un autre temps s’adressent des messages via le site twitter.

C’est un problème.

Que l’un soit du siège et l’autre du Parquet c’est plus grave.

Que leurs propos démontrent qu’ils ne s’intéressent pas à l’affaire qu’ils doivent juger est dramatique.

Faut-il rappeler que :

-Premièrement juger ou requérir est leur métier. Ils l’ont choisi, et sont rémunérés pour cela. L’un juge au nom du peuple français, le juge du siège, l’autre requiert au nom de la société, le parquetier. Le principe intangible de la séparation des pouvoirs veut qu’ils ne puissent pas communiquer entre eux d’une manière non contradictoire.

-Deuxièmement, lors de l’audience d’une Cour d’Assises, se joue l’avenir d’un accusé, d’une partie civile. La moindre des choses est d’écouter attentivement le déroulement du dossier. Le Juge du siège ignore tout de l’affaire et découvre celle-ci au fur et à mesure des audiences.

– Troisièmement la courtoisie : il est inacceptable de ne pas respecter l’institution judiciaire.

Pour vous en convaincre, ci-joint un florilège des messages : extrait du compte twitter .

Edifiant… non?

BV

PS mon savoir provient du journal SUD OUEST de ce jour.

 

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Les avocats s’enflamment…..

Le Conseil National des Barreaux( CNB), établissement d’utilité publique doté de la personnalité morale, est l’institution nationale qui représente l’ensemble des avocats exerçant en France.

Le Président du CNB a été obligé d’envoyer une lettre ouverte à Monsieur le Procureur de la République de Grenoble qui a violé les régles fondamentales qui régissent la vie au Palais de Justice. La situation est si grave que le comportement de ce magistrat est remis en cause par les plus hautes instances représentatives de notre profession.

Lecture:

 

Lettre ouverte à Monsieur Jean-Yves Coquillat
Procureur de la République
au Tribunal de Grande Instance de Grenoble

Editorial du Président | 28 novembre 2012

 

Monsieur le procureur de la République,

Il m’est rapporté que le 20 novembre 2012 Maître Estelle Santoni, avocate au barreau de Grenoble, a sollicité devant le tribunal correctionnel le renvoi d’un dossier pour raisons médicales la concernant.

La qualité des relations entre les magistrats et les avocats importe à l’œuvre de justice à laquelle ils concourent ensemble. Un avocat qui fait état d’une difficulté médicale doit être cru sur parole. Maître Estelle Santoni avait pris le soin de produire un certificat médical. Cette précaution était d’autant plus superflue que lorsqu’un magistrat ne tient pas une audience pour raison de maladie, le barreau n’a pas l’habitude de lui demander un certificat médical pour en justifier.

Le report de l’affaire a été accordé, non sans difficulté.

Mais le 22 novembre, Maître Estelle Santoni était convoquée à votre requête par la police de Grenoble dans le cadre d’une enquête préliminaire que vous vous êtes permis de diligenter des chefs de faux et de production d’un certificat médical de complaisance.

Le barreau de Grenoble, scandalisé à juste titre, a décidé d’une grève.

En ma qualité de Président du Conseil national des barreaux de France je partage l’émotion du barreau de Grenoble et son indignation.

J’apprends au surplus que Maître Estelle Santoni en est à son septième mois et demi de grossesse : est-il nécessaire de vous rappeler que chacun de nous, procureurs inclus, devons la vie à des femmes qui nous ont portés et que l’état de grossesse comporte des sujétions physiologiques qui ont conduit le législateur à instituer un congé de plusieurs semaines pour éviter les risques ?

Je laisse les avocats de France se faire juges de votre comportement. C’est pourquoi la présente lettre est une lettre ouverte qui sera diffusée par courriel aux 55000 avocats français.

J’en adresse bien entendu la copie à Madame la garde des Sceaux et à Monsieur le président de la République.

  Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel
Président du Conseil national des barreaux
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